Le monde des microcontrôleurs et des ordinateurs monocarte connaît une nouveauté : Arduino, désormais propriété de Qualcomm, lance une « boîte à outils tout-en-un » avec l’Arduino UNO Q. Arduino offre ainsi à sa communauté de 33 millions d’utilisateurs la possibilité de réaliser de nouvelles applications qui, auparavant, ne pouvaient généralement être mises en œuvre qu’avec un Raspberry Pi. Beaucoup se demandent alors quelle carte convient le mieux à leur projet.
Arduino UNO Q – la « boîte à outils tout-en-un »
L’Arduino UNO Q réunit deux mondes en une seule carte : un puissant processeur Linux Qualcomm Dragonwing QRB2210 et un microcontrôleur qui contrôle le matériel simultanément et en temps réel. Les deux composants communiquent via un pont spécial, ce qui permet d’exécuter simultanément des tâches exigeantes et de les contrôler avec précision.Grâce à Arduino App Lab, les développeurs peuvent combiner des croquis Arduino, des applications Linux et des modèles d’intelligence artificielle (IA) dans un environnement unique, directement sur la carte ou via un PC connecté. Des exemples prêts à l’emploi facilitent la prise en main, tandis que la plateforme offre la flexibilité nécessaire pour développer des applications sur mesure adaptées à votre projet. L’UNO Q est donc parfait pour les projets combinant intelligence artificielle, robotique, traitement d’images et d’audio ou calcul en périphérie.

Comparaison directe : Arduino UNO Q vs Raspberry Pi 5
Pour mieux comprendre les différences entre ces deux plateformes, il est utile d’examiner leurs bases techniques et leurs principaux domaines d’application. Le tableau suivant montre comment ces deux systèmes diffèrent en termes d’architecture, de performances, de connectivité et de domaines d’application typiques.
| Arduino UNO Q | Raspberry Pi 5 | |
|---|---|---|
| Architecture | Hybride : MPU (Linux) + MCU (temps réel) | MPU unique |
| Processeur | Qualcomm QRB2210 (quadricœur Cortex-A53 à 2,0 GHz) + STM32U585 | Cortex-A76 quadricœur (2,4 GHz) |
| Mémoire vive | 2 Go ou 4 Go LPDDR4X | 2 à 16 Go LPDDR4X |
| Mémoire | 16 Go eMMC intégrée | microSD ou SSD PCIe |
| Système d’exploitation | Debian Linux + Zephyr RTOS | Raspberry Pi OS / Linux |
| Capacité temps réel | Oui (basé sur MCU) | Non |
| Connectivité | Wi-Fi 5, Bluetooth 5.1, USB-C avec sortie vidéo | Wi-Fi 5, BT 5.0, USB-C |
| GPIO et accès matériel | UNO Shields, Qwiic, connecteurs Arduino, contrôle temps réel MCU | GPIO, HATs, PCIe |
| Programmation | Arduino IDE, Python, App Lab, RPC-Bridge | Python, outils Linux, Scratch |
Le Raspberry Pi 5 Pi est moins adapté à un contrôle précis en temps réel, mais se distingue par une puissance de calcul nettement supérieure, une prise en charge multimédia étendue et la présence d’un système d’exploitation de bureau complet, comme Raspberry Pi OS ou Debian. Il est particulièrement adapté aux tâches telles que les serveurs Web, les centres de contrôle pour maisons intelligentes ou les applications d’intelligence artificielle à forte charge de calcul. Disponible sur le marché depuis longtemps, il offre également l’avantage d’une large gamme de HAT, de cartes d’extension et d’accessoires. Grâce à sa grande communauté, à une multitude de tutoriels, de bibliothèques et d’accessoires, ainsi qu’à sa polyvalence, le Raspberry Pi est donc un excellent choix pour les fabricants et les développeurs qui recherchent un système informatique monocarte puissant et polyvalent.

Guide décisionnel : comment choisir la bonne carte
Le choix de la carte appropriée dépend essentiellement du domaine d’application et des exigences techniques du projet. La puissance de calcul requise est un critère essentiel, notamment lorsque le traitement de données complexes, l’apprentissage automatique ou l’exécution d’un système d’exploitation sont nécessaires. À cet égard, le Raspberry Pi est plus performant. La question de la capacité en temps réel est tout aussi importante : si la carte doit réagir avec précision et sans délai aux capteurs, aux moteurs ou à d’autres composants, un traitement en temps réel fiable, tel que celui fourni par Arduino, est indispensable.
Les possibilités de connexion et l’évolutivité ne doivent pas non plus être négligées. Selon le projet, la prise en charge de diverses interfaces, modules d’extension ou accessoires compatibles peut s’avérer déterminante. Arduino présente l’avantage que certaines de ses séries ont été conçues dès le départ pour une utilisation industrielle et sont équipées des interfaces correspondantes. Raspberry Pi, en revanche, se distingue principalement par la diversité des « shields » et HAT compatibles qui viennent compléter les fonctions manquantes.
De plus, une communauté active facilite la prise en main et la mise en œuvre. Par exemple, elle propose des tutoriels, des bibliothèques et une assistance sur des forums.
Grâce à sa longue présence sur le marché, Raspberry Pi bénéficie d’une large base d’utilisateurs. En outre, son engagement en faveur de l’open source renforce cet avantage. Ainsi, la plateforme dispose d’une communauté plus importante et de ressources particulièrement accessibles. En revanche, Arduino propose des conseils et une assistance personnalisés dans le cadre de son offre Arduino Pro. Cette offre est particulièrement adaptée aux entreprises qui ont besoin de conseils personnalisés et d’une assistance fiable en cas de problèmes urgents.
Enfin, le budget et l’évolutivité sont également des critères importants. Certains projets peuvent se contenter de cartes très simples, tandis que d’autres nécessitent des solutions plus puissantes et plus coûteuses. Arduino et Raspberry Pi sont tous deux largement répandus et proposent une solution adaptée à chaque projet, ainsi que la possibilité de l’étendre.
Cartes de fabrication de nouvelle génération : un concept hybride pour l’avenir ?
Une tendance claire se dessine. En effet, l’avenir appartient aux plateformes qui ne sont plus seulement « embarquées » ou « compatibles avec les ordinateurs de bureau ». Désormais, elles réunissent les deux caractéristiques à la fois. Les concepts hybrides illustrent cette évolution. Ils combinent la fiabilité et la précision des microcontrôleurs avec la flexibilité et les performances des processeurs MPU basés sur Linux. Ainsi, ils ouvrent de tout nouveaux domaines d’application. Ceux-ci vont de l’intelligence artificielle et de la vision par ordinateur aux systèmes IoT intelligemment connectés.
La prochaine génération se caractérisera par une puissance accrue. En même temps, la consommation d’énergie sera réduite. De plus, une accélération IA intégrée jouera un rôle central. Par ailleurs, les capteurs seront améliorés. Enfin, la connexion entre le matériel et les logiciels deviendra encore plus étroite. Ainsi, un nouveau monde passionnant s’ouvre aux fabricants, aux développeurs et aux établissements d’enseignement. Les dispositifs seront aussi puissants qu’un mini-ordinateur. Ils seront également aussi précis qu’un microcontrôleur. De plus, ils seront prêts pour les projets de demain.
Images : Adobe Stock, reichelt elektronik












